dimanche 18 mars 2007, par Hebmaster
Dans la soirée du 16 mai 2003, le Maroc a été secoué par une vague d’attentats sans précédent attribués à la nébuleuse intégriste. Cinq attaques quasi-simultanées dans la ville de Casablanca, menées par des commandos suicides, ont fait 45 morts (dont 11 kamikazes) et une centaine de blessés.
C’était l’horreur à la Casa de Espana, à l’Hôtel Farah, au restaurant Positano, au cercle de l’Alliance Juive et dans une place de l’ancienne médina. Des corps déchiquetés, brûlés, criblés de débris métalliques, du sang partout, un spectacle apocalyptique. Les Marocains ont subitement découvert le terrorisme, l’ont fermement condamné par différentes manifestations, par des marches qui ont regroupé les différentes composantes de la société, où ils ont exprimé haut et fort leur indignation …et on pensait qu’il n’y aurait « plus jamais ça ! ». De retentissants procès ont été ouverts contre des chantres de la salafia jihadiya, contre des kamikazes rescapés des attentats de Casablanca et contre 96 kamikazes réservistes qui se préparaient à perpétrer des attentats terroristes à Tanger, Essaouira, Marrakech et Agadir.
Les verdicts tombés dans le cadre de cette affaire, dans la nuit du 19 août 2003, étaient des plus lords et des plus dissuasifs : 4 peines de mort contre les trois kamikazes rescapés et contre un émir de la salafia jihadiya directement impliqué dans les attentats, 37 peines de la réclusion à perpétuité, 17 peines de 30 ans et 16 de 20 ans, 11 autres peines échelonnées entre 6 et 10 ans de prison tandis que deux prévenus s’en sont tirés avec 10 mois de prison pour dissimulation d’un criminel.
Quatre des théoriciens de l’intégrisme religieux qui comparaissaient devant la chambre criminelle de la cour d’appel de Casablanca ont été condamnés l’un à la prison à vie, les trois autres à 30 ans de réclusion criminelle. Une vaste enquête a été menée parallèlement dans les milieux religieux radicaux, dans toutes les régions du pays. Au total, 634 personnes ont été arrêtées et déférées devant les tribunaux.
Et on pensait que s’en est fini avec les takfiristes et les jihadistes. Mais l’hydre n’a cessé de faire repousser d’autres têtes et d’autres queues à fur et à mesure qu’on les coupait. La vigilance des services de sûreté ont permis de démanteler un nombre impressionnant de cellules, des individus, catalogués comme très dangereux, sont toujours recherchés, d’autres sont tombés, et la menace qui pèse sur la Maroc , annoncée ouvertement par les dirigeants du terrorisme intégriste international, pèse toujours. Cette menace requiert l’implication et la mobilisation de tous, autorités concernées, organisations politiques, société civile, médias et les citoyens. Comme un seul homme, le pays doit faire montre d’une vigilance accru et ne baisser à aucun moment la garde. L’affaire du cybercafé de Sidi Moumen vient nous le rappeler.