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Virginité au Maroc . Est-ce encore un tabou ?

mercredi 22 août 2007, par Hebmaster


Virginité au Maroc . Est-ce encore un tabou ?

Pour les jeunes Marocaines, arriver “intacte” au mariage reste un puissant impératif social. Celles qui passent outre sont pourtant de plus en plus nombreuses… mais rares sont celles qui osent l’avouer, et encore moins l’assumer. Quant à le revendiquer, n’en parlons même pas…

La scène se passe dans l’un des pubs branchés de Casablanca. Adil, la trentaine, est accosté par une jeune fille qui le trouve “mignon” (elle le lui dit sans façons) et qui aimerait absolument “tenter quelque chose, pourquoi pas dès ce soir” (elle le lui dit aussi, les yeux dans les yeux). Adil se laisse facilement convaincre, surpris que la jeune femme, 22 ans, plutôt BCBG, puisse être aussi directe. À 3 h du matin, voici que le couple improvisé se dirige vers le domicile de la fille - à sa demande. “À 6 h, après avoir fait notre affaire, elle m’a littéralement mis à la porte”, raconte Adil, encore sous le choc d’une telle audace.

Des filles “qui couchent”, il en a vu. Mais des comme celle-là, assumant leur sexualité avec autant de naturel - aussi facilement qu’il l’assumerait lui, pour tout dire - c’est quand même nouveau…

Dire que les toutes jeunes Marocaines d’aujourd’hui mènent une vie sexuelle décomplexée serait bien entendu une généralisation abusive. Cela dit, l’évolution des mœurs est de plus en plus perceptible. De l’avis de Adil et de ses nombreux semblables, celles qui attendent le feu vert des adouls pour passer à l’acte sont en passe de devenir une rareté. “Socio-statistiquement” parlant, les raisons sont faciles à imaginer : l’âge du mariage qui recule parallèlement à l’autonomisation croissante des femmes, les conditions économiques qui font que… Mais ce n’est quand même pas aussi simple que cela en a l’air.

Déjà, celles qui défrichent ce nouveau terrain des mœurs se recrutent dans une certaine catégorie, strictement urbaine, relativement aisée et consommatrice de loisirs. Si on les rapporte aux 15 millions de femmes Marocaines, il ne s’agit que d’une petite minorité, dont la perception moderne de la morale est à quelques années-lumière de celle du Maroc profond.

Amine, cadre supérieur de 32 ans, ne connaît qu’elles. “Une fille vierge, ça n’existe plus”, tranche-t-il sans ambages. Pour ce noctambule averti, la virginité est devenue une exception qui suscite l’étonnement, voire… un handicap ! “Avant, les filles avaient honte de dire qu’elles n’étaient plus vierges. Maintenant, ce sont celles qui le sont encore qui deviennent la risée de leurs copines”, soutient-il.

“La suite logique des choses” Plus qu’une tradition “dépassée”, la virginité, pour les jeunes femmes des classes moyennes urbaines, est désormais perçue comme difficilement compatible avec la nouvelle réalité sociale. L’âge du mariage pour les femmes est désormais de 27 ans, sans doute la moyenne la plus élevée jamais enregistrée dans l’histoire du Maroc. Quant à la mixité, elle est inévitable dans l’espace public et professionnel. Ce n’est pas tant que les jeunes Marocaines “couchent” plus facilement parce qu’elles ont pris conscience de leur droit à une vie sexuelle aussi libre que celle des hommes. Mais le soubassement de l’impératif traditionnel de virginité (préserver sa “pureté” pour le futur mari) est de moins en moins soutenable. D’abord, elles n’ont plus besoin d’un mari pour être financièrement autonomes de leurs parents. Et puis, une question toute simple : et si le mari n’arrivait jamais ?

Beaucoup finissent donc logiquement par franchir le pas. “J’ai toujours su que je perdrais ma virginité le jour où je rencontrerai la bonne personne. Je l’ai fait à 25 ans et je ne le regrette pas”, témoigne Halima, 30 ans, célibataire. Pour Halima, la perte de la virginité n’a pas été une reddition à la réalité socio-économique, mais un choix assumé, dicté par l’envie de vivre pleinement sa sexualité. D’autant plus que “la bonne personne” avec qui elle a franchi le pas était un homme marié… “Il me plaisait et je me sentais bien avec lui. Alors, je ne me suis pas posé trop de questions”, explique-t-elle. Safae, la trentaine, cadre dans le privé, vit la chose d’une manière encore plus détachée : “Cela fait dix ans que je ne suis plus vierge. Et franchement, cela ne m’a jamais inquiétée, lance-t-elle avec le sourire. Je me rappellerai toujours de ce qu’un psy m’avait dit un jour : on ne perd pas sa virginité, on gagne en civilité”. D’autres jeunes femmes choisissent de perdre leur virginité parce qu’elles se sentent bien et épanouies avec leurs partenaires, et que “c’est la suite logique des choses”. Et le mariage, est-ce pour elles “la suite logique de la suite” ? Même si elles ne l’admettent pas facilement, l’idée est souvent là, tapie dans une sorte d’inconscient collectif encore difficile à évacuer totalement. On est encore loin d’un scénario à l’européenne, où les jeunes femmes trouveraient naturel de découvrir leur sexualité aussi tôt que possible.

Celles qui franchissent le pas gardent toujours un souvenir marquant de “la première fois”. Pour les plus chanceuses, c’est le modus operandi qui, a posteriori, les aide à surmonter une mauvaise conscience quasi instinctive. “Je n’ai pas eu mal. Cela s’est fait sur plusieurs fois et très doucement”, affirme Hasna, 30 ans. Ce n’est pas le cas de Zineb, 38 ans, aujourd’hui mariée, qui garde un souvenir franchement désagréable de sa première expérience. “J’ai été traumatisée. Je n’arrivais pas à dépasser mon angoisse par rapport à l’éducation que j’ai reçue. Mes regrets ne se sont complètement estompés qu’après un long voyage en France, et après avoir constaté la liberté dont jouissent les Européennes. Ce n’est qu’après avoir vu ça que je suis réellement arrivée à couper le cordon”.

Amal Chabach, sexologue à Casablanca, explique qu’il reste difficile pour une Marocaine d’assumer une sexualité épanouie, même après avoir perdu sa virginité. “A l’égard de la sexualité préconjugale, notre société cultive un triple interdit : éducationnel, religieux et légal. Comment voulez-vous ne pas culpabiliser dans ces conditions ?”, s’indigne-t-elle.

Reste que, même si la culpabilité est dépassée, l’espoir du mariage est toujours présent, en inéluctable trame de fond. C’est juste qu’un autre espoir s’y superpose : celui de tomber sur un mari “qui m’acceptera comme je suis”. Comprenez “malgré mon handicap”. Dur, dur, de dépasser complètement le traumatisme du “triple interdit”… Heureusement, de plus en plus d’hommes n’en font plus une affaire de principe. Il est vrai que le concept de mariage a aussi évolué. L’intervention des parents dans le choix de la promise n’est plus aussi décesif qu’elle l’était. L’homme, soumis à moins de pression, a désormais plus de latitude pour choisir seul sa fiancée, vierge ou pas. “La virginité reste toujours associée au mariage, explique le sociologue Jamal Khalil. Si elle n’est plus autant exigée, c’est parce que la question ne se règle plus entre les familles, mais au sein du couple”.

Qu’en pensent les hommes ? Le rite moyenâgeux du seroual tâché de sang qu’on exhibe à la sortie de la chambre nuptiale comme preuve de la “bonne conduite” de la nouvelle mariée a, heureusement, quasiment disparu. Pourtant, beaucoup d’hommes, même parmi ceux qui se disent “modernes”, avouent n’envisager épouser qu’une vierge. “Dans un focus group, j’avais demandé à un jeune cadre s’il était prêt à se marier avec une fille qui avait déjà eu une expérience sexuelle. Il m’a répondu qu’il ’pourrait lui pardonner’”, raconte la sociologue Soumia Nouamane Guessous. Pas de raison que les hommes soient moins marqués par leur éducation que les femmes…

En réalité, le regard que portent les Marocains sur les filles dépucelées comporte un curieux paradoxe. Au sujet de l’impératif de virginité, beaucoup affichent une incontestable ouverture d’esprit. Dans le même milieu social, toujours (urbain, classe moyenne), de plus en plus d’hommes admettent qu’il est injuste de demander aux filles de rester vierges, alors que la réciproque n’est pas exigée des hommes - bien au contraire. Mais ceux-là sont encore loin de constituer la majorité. Hanane en sait quelque chose. Quand Karim a demandé sa main alors qu’ils n’avaient pas encore consommé, elle avait trouvé ça légèrement désuet mais “romantique”. “Par honnêteté”, elle lui a annoncé qu’elle n’était plus vierge. “Quand je lui ai dit ça, raconte-t-elle, il a serré les lèvres, puis m’a dit qu’il ’n’avait pas de chance’, mais que ce n’était ’pas grave’. J’ai immédiatement rompu”. Réalisant sa bourde, le prétendant l’a harcelée au téléphone de longs mois durant. Mais Hanane n’a pas cédé. “Il a dit tout haut ce que beaucoup d’hommes pensent tout bas. Dans un sens, il m’a rendu service. Imaginez que je n’aie découvert sa vraie mentalité qu’après le mariage”, frémit-elle.

Encaisser des remarques blessantes, c’est peut-être le prix à payer par celles qui ont choisi d’afficher sans détours leur droit à la sexualité. “Ça veut dire quoi, la virginité ? Si c’est ne jamais avoir couché avec un homme, dans ce cas, aucune Marocaine n’est vierge”, se révolte Hasna. Car, c’est bien connu, on peut avoir une vie sexuelle des plus délurées sans perdre sa virginité pour autant. Obnubilées par le discours de leurs mères, les pressant de “préserver le ’trésor’ qu’elles ont entre les jambes” (sic !), nombreuses sont les jeunes Marocaines à offrir leur corps à tous les plaisirs… sauf à la pénétration. Sodomie, fellation, frotti-frotta (aussi connu sous le sobriquet de “pinceau”)… tout est envisageable, pourvu que le sacro-saint hymen soit préservé. Et les hommes, qu’en pensent-ils ? “Tant qu’ils éjaculent, ils sont contents”, tranche Hind, 24 ans et grande adepte du “bricolage” sexuel. Mais Hind, elle, est-elle “contente” ? A cette question, nous n’aurons qu’une moue peu convaincue en guise de réponse… “L’épanouissement sexuel devient important pour les femmes aussi, assure Jamal Khalil. Ce n’est pas encore la norme, mais c’est une tendance qui progresse”. Ajoutons : dans la difficulté, parce que les hommes, de leur côté, ont du mal à s’habituer aux nouvelles exigences de leurs partenaires, hier encore majoritairement vierges. “J’ai plaqué mon copain parce qu’il était égoïste au lit, et ne recherchait que son propre plaisir”, raconte Halima. Il est loin le temps où elle se sacrifiait pour ses partenaires, juste “pour qu’ils sentent que je les aime”. Zineb, 28 ans, résume parfaitement cette évolution : “Au fil des expériences, on n’est plus gourmand mais on devient gourmet. C’est très différent”.

L’hypocrisie familiale La famille, évidemment, reste le premier frein à une sexualité féminine pré-conjugale épanouie. Rares sont celles qui osent vivre seules, même si elles sont autonomes financièrement. La pression de la famille et du qu’en-dira-t-on reste très forte, tous milieux sociaux confondus et quel que soit l’âge de la jeune femme. D’après une enquête du quotidien l’Economiste, 62% des jeunes Marocaines considèrent “compliqué” d’avoir un flirt, jugeant que les principaux obstacles sont la famille (43%) et le voisinage (23%). Compliqué, mais pas impossible. Il suffit de se conformer à une autre “norme suprême” largement en vogue au Maroc : l’hypocrisie. Comme dit le proverbe, “si l’œil ne voit pas, le cœur ne souffre pas”… Les familles, surtout les mères, ne sont pas dupes. Elles se doutent bien que leurs filles ont une vie sexuelle, mais ne peuvent plus se permettre, comme cela se faisait naguère, de les mettre en demeure de quitter la maison si elles ne renoncent pas à la “débauche”. Elles pourraient bien les prendre au mot… Même une approche moins dramatique, qui consiste simplement à “en parler”, est généralement proscrite par les mères de famille. Leurs effrontées de filles pourraient bien, tout simplement, leur dire la vérité… et faire voler en éclats leur référentiel culturel. “Je ne peux pas en parler avec ma mère, malgré la complicité qui nous lie, se désole Halima. Elle serait instantanément persuadée que c’est à cause de la perte de ma virginité que je suis toujours célibataire, et le vivrait comme un drame”.

Le faire, donc, mais ne jamais l’avouer. Et pas qu’aux mères ! Selon la même enquête de l’Economiste, 67% des Marocains mâles disent avoir eu des relations sexuelles avant le mariage, alors qu’une proportion voisine de filles affirme… le contraire ! Selon une autre étude, pilotée par le Pr Nadia Kadiri, psychiatre au CHU Ibn Rochd, 98% des Marocaines de 20 ans et plus estiment que l’impératif de virginité avant le mariage est… “une règle sociale à préserver” ! Au-delà de la perplexité que peut susciter une hypocrisie aussi générale, ce chiffre laisse pointer une sérieuse inquiétude pour l’avenir : non seulement ces jeunes femmes mentent effrontément sur leur sexualité… mais elles semblent d’ores et déjà prêtes à éduquer leurs filles comme leurs mères les ont éduquées. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, et l’évolution socio-économique du Maroc étant, sauf accident de l’histoire, irréversible, la conclusion, hélas, s’impose : l’hypocrisie sur la virginité a encore de beaux jours devant elle !

Paroles de femmes.

Leila, 31 ans, directrice de communication “Je n’ai jamais considéré l’hymen comme quelque chose de précieux que je devais préserver pour mon mari. Une fille vierge est une fille dont aucun homme n’a vu le corps. Et cela n’existe plus. Je n’ai pas honte de dire que je couche parfois avec des mecs juste pour le plaisir. J’assume pleinement ma vie sexuelle. Si un garçon me plaît, je lui dis clairement que j’ai envie de lui. Mais je sens que cela choque encore, même les filles les plus émancipées”.

Salima, 27 ans, avocate “Je ne sais pas ce que c’est que la virginité. J’ai été violée à l’âge de 12 ans. Adulte, j’ai eu quelques aventures amoureuses, mais aucune n’a abouti au mariage. Je sens que c’est mon passé qui en est la cause. Chaque fois que je couche avec un homme, je culpabilise. La virginité est un don du ciel. On me l’a volé. Je me sens amputée, souillée… et c’est pour cela que je suis maintenant dans une période d’abstinence. Ma dernière relation était avec un homme très sympathique, mais qui ne voulait pas se marier. J’ai fini par laisser tomber, car cela n’avait aucun sens, aucune finalité”.

Hasna, 30 ans, cadre “Mes relations amoureuses sont conflictuelles. Je n’arrive pas à me retrouver depuis la fin de ma première expérience, celle où j’ai perdu ma virginité. Je suis restée avec un homme pendant trois ans avant de découvrir qu’il était marié. Depuis, je crois que j’ai totalement perdu confiance. Des hommes, j’en ai connu, mais aucun ne pouvait remplir le vide laissé par le premier. Je lui en veux, parce qu’il était beaucoup plus proche de moi que n’importe qui. Quand je couche avec quelqu’un, je sens que c’est pour me venger de lui”.

Leila, 34 ans, sans emploi “Je suis vierge, dans le vrai sens du terme. Aucun homme ne m’a jamais touchée, même pas pour un bisou sur la bouche. Avoir une sexualité avant le mariage est contraire à mes principes et à ma religion. Ma virginité, j’y tiens, quitte à rester seule jusqu’à la fin de mes jours. Pour moi, c’est le meilleur cadeau qu’on puisse offrir à son époux. Quant j’ai des pulsions sexuelles, je me masturbe. Mais jamais je ne céderai à la tentation. La virginité est pour moi une fierté et je n’ai pas honte de le dire autour de moi. Celles qui passent à l’acte ne valent pas mieux que des prostituées. Puisse Dieu les ramener à la raison”.

Paroles d’hommes.

Adil, 31 ans, homme d’affaires “J’aimerais bien tomber sur une fille sérieuse, même si elle n’est pas vierge. L’important, c’est qu’elle soit sincère et cohérente dans ses idées. Ce que je redoute le plus, ce sont les filles qui affichent une ouverture à l’européenne, mais qui deviennent des épouses castratrices après le mariage. Je ne veux pas être dupé. Les filles sont très compliquées. Si tu leur expliques dès le départ que tu veux uniquement t’amuser, elles te suivront sans problème. Si tu commences à leur dire que tu es sérieux et que tu veux te marier, elles feront tout pour ne pas arriver au lit, te laisseront languir pendant plusieurs mois et te diront à la fin qu’elles sont toujours vierges et donc, qu’elles ne se donneront qu’après le mariage”.

Hamza, 29 ans, chef d’entreprise “Je sors avec des filles clean, pas bnat zenqa (des filles de la rue). C’est plus simple d’avoir une sexualité épanouie dans une relation sérieuse. La virginité ? Je m’en fous. J’ai vécu deux expériences de concubinage et cela s’est très bien passé. Le courant passe facilement avec les filles ouvertes d’esprit qui ont fait des études à l’étranger. Et puis, arrêtons de nous fier aux apparences. Une fille qui s’amuse n’est pas forcément une salope. Elle ne va pas croiser les jambes en attendant le prince charmant”.

Amine, 33 ans, cadre “Les filles d’aujourd’hui sont facilement abordables. Avant, il fallait sortir avec une fille pendant des mois pour pouvoir espérer quelque chose, un simple frotti-frotta dans le meilleur des cas. Maintenant, elles sont plus ouvertes et savent ce qu’elles veulent. Une soirée galante, quelques verres, et le tour est joué. Parfois, certaines te proposent carrément de les accompagner chez elles. Cela ne me surprend pas. Au contraire, elles me facilitent la tâche”.

Mentalités. L’hymen, ce “bijou précieux”

La réfection de l’hymen, “hyménoplastie” de son nom scientifique, a fait la fortune de beaucoup de chirurgiens marocains. Cette pratique, qui consiste à “recoudre” la membrane pour la ramener à son état initial, permet aux filles dépucelées, littéralement, de “se refaire une virginité” pour mieux duper de futurs maris un tantinet conservateurs. Et le marché est plutôt juteux. Pour les jeunes femmes qui cherchent à effacer une ou deux expériences “coupables”, le tarif oscille entre 3000 et 4000 DH, et l’intervention peut être effectuée la veille de la nuit de noces. Celles qui ont eu une activité sexuelle régulière doivent en revanche subir une opération plus lourde, au moins un mois avant la nuit de noces, et le prix peut aller jusqu’à 10 000 DH. Bien que répandue, l’intervention reste illégale. Comme l’avortement, elle se fait dans l’arrière-boutique des cabinets de gynécologues ou de généralistes. Une clandestinité qui joue, bien entendu, à la hausse sur les prix. Mais selon les gynécologues que nous avons consultés, la pratique serait en perte de vitesse. La chose se pratiquerait nettement moins que dans les années 80 ou 90, “parce que les habitudes sexuelles ont changé”. Un gynécologue raconte qu’il a un jour reçu un homme barbu, terrorisé que sa petite fille de 6 ans, dont le bas-ventre avait été accidentellement percuté par le guidon d’un vélo, ait… perdu sa virginité ! “Ce genre de névrose est très rare chez les gens issus de catégories sociales plus aisées”, précise notre gynéco. Une dame de la haute bourgeoisie lui avait un jour amené, pour une consultation, sa fille de 14 ans, qui avait utilisé un tampon hygiénique. “Mais la mère était beaucoup moins inquiète d’une éventuelle perte de virginité que d’une infection”. Ouf !

Au-delà de l’“avant-garde” citadine… La misère sexuelle reste la norme

“àl’adolescence, les garçons et les filles découvrent leurs corps, subissent des pulsions, mais dans le silence le plus total. Adulte, le garçon est prisonnier du “syndrome de la virilité” qui le pousse à maintenir son érection coûte que coûte, plutôt qu’à rechercher le plaisir. Quant à la fille, habituée à la négation de son corps, elle sera incapable d’assumer sa féminité en dehors de la maternité”. L’analyse - lapidaire - est de la sociologue Soumia Nouamane Guessous, à laquelle on doit le fameux Au-delà de toute pudeur (Eddif), plus grand best-seller marocain de tous les temps. Elle démontre que l’indigence sexuelle dramatique dans laquelle vivent la grande majorité des Marocains (hors de la timide “avant-garde” urbaine de la classe moyenne) est, tout simplement, une affaire d’éducation. La “hchouma” qui entoure le sujet engendre toujours d’innombrables dégâts sur le rapport au corps, à la virginité, au plaisir. Selon une étude du Pr Nadia Kadiri, psychiatre au CHU Ibn Rochd de Casablanca, 68% des Marocaines n’ont jamais reçu d’éducation sexuelle d’aucune sorte avant d’avoir leurs premiers rapports sexuels. Pire, 31,5% des Marocaines pensent que l’éducation sexuelle est… néfaste pour les enfants ! La même étude montre que les relations sexuelles, chez les Marocaines, sont d’abord motivées par le besoin de procréation (70,3%) ou par la recherche de la satisfaction du mari (28,2%). La quête du plaisir n’est mentionnée que par un misérable taux de 1,3% des sondées. Les Marocaines étant majoritairement persuadées que les hommes ont plus d’expérience qu’elles, se laissent faire sans jamais exprimer leurs désirs. Mais les hommes ne sont pas, loin s’en faut, exempts de névroses sexuelles. La plus fréquente : la forte angoisse de ne pas maintenir leur érection assez longtemps. Quant au plaisir féminin, il est, pour la plupart des Marocains (femmes comprises !), entouré du plus grand mystère. Résultat, pour le Pr Kadiri : “Chez les Marocains, le sexe se traduit très rarement par un véritable partage. On ne pourra pas envisager d’éveil sexuel tant que les Marocaines et les Marocains ne recevront pas une éducation sexuelle dans leur première jeunesse”.

Lexique. Brutal langage

S’agissant de la virginité féminine (ou de son absence), les Marocains ont un lexique particulièrement riche… et brutal. On dira ainsi d’une fille vierge : mazala bent (“c’est encore une fille”), baqa nqia (“elle est encore propre”), ma 3ammarha daqtou (“elle n’y a jamais goûté” - en référence au pénis) ou encore le très élégant baqa f’mikt’ha (“elle est encore dans son emballage”). Quant à une fille dépucelée, les plus sobres diront d’elle wallat mra (“elle est devenue une femme”). Quant aux autres, ils auront le choix, pour la qualifier, entre les adjectifs mahloula ou mserrha (“ouverte”), metqouba (“trouée”) et mefrou3a (“éclatée”). Terrible… et édifiant !

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17 Messages de forum

  • Virginité au Maroc . Est-ce encore un tabou ?

    7 septembre 2007 03:24, par minouch
    salut mina 37ans marieè je croit ke la virginitè et tres importante pour moi j ai garder la mienne jusqu au jour de mon mariage mais malheuresement mon ex marie ma dit ke je n etais pas vierge alor ke je n ai jamais connue d homme avant lui malgrè ma soufrance je ne regrette pas davoir gardè ma virginitè jusqu au mariage et j ai 3 filles et je souhaite kelle soit vierge inchaalah le jour de leur mariage ses très important et n oublier pas que nous somme des musulman alor arretè de faire se ke font les europen et ne dite pas kil n y a plus de filles vierge au maroc parler de vous ok mais parler a la place d autre jeune filles ki protege leur virginitè et atende l homme de leur vie non et vous ete entrain de salire la reputation des marocaine je vie en france et sa me degoute dentendre des chose ki touche mon blède merci

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    • Je vais vous répondre en une seule phrase pourquoi la femme devrait selon vous rester vierge jusqu’à son mariage alors que le prétendant en question ne l’est pas. Et je suis d’autant stupéfaite que vous habitez en France et que que vous promulguez pareille ineptie... Vous le dîtes vous-meême mon ex-mari a jugé que vous n’êtiez pas vierge alors que que vous l’êtiez physiquement mais ej suppose que vous n’avez pas saigné... C’ets barbare il est de votre droit de choisir de rester vierge pour votre prince charmant qui n’existe que dans les romans mais arrêter de penser que tout le monde devrait l’être. Votre propre expérience aurait du vous pousser à réfléchir plutôt que balancer votre fiel... Et concernant la religion, la virginité doit s’appliquer aux hommes comme aux femmes avant le mariage... bizarre vous n’entendez qu’un son de cloche. Autre chose, ayant vécu au Maroc de longues années ainsi qu’en France j’ai retrouvé le même type d’hypocrisie par rapport à la Virginité dans cacertaines familles Maghrébines "fellation, sodomie, recoudre l’hymen..." mais aussi chantage des compagnons... vous trouvez cela plus moral !!!

      A bon entendeur salut !!!

      Voir en ligne : Virginité au Maroc . Est-ce encore un tabou ?

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      • Virginité au Maroc . Est-ce encore un tabou ? 29 septembre 2007 03:54, par minouch
        franchement votre message et vraiment nul j ai raconter se ki m etais ariver et j ai donner mon poin de vue alor pourkoi me parler comme sa et vous ete ki pour me parler comme sa alor faite se ke vous voulais et aretè de dire nimporte koi j ai peut etre pas votre age mais un peut de respet ok salut et bon courage et quant on envoi un message par politesse on dit sont prènom bye de la part de mina

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        • Virginité au Maroc . Est-ce encore un tabou ? 14 octobre 2007 00:40, par maha
          moi je me suis fais depucellai bien avant de me marier , et se n ai pa pour a que je n ai pa trouver de mari et en plus je me suis marier enceinte de 5 mois et en plus tous ca avac un marocain

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          • Virginité au Maroc . Est-ce encore un tabou ? 5 novembre 2007 16:24, par asmae

            salamalaikum j’aimerai bien donner mon point de vue sur un sujet qui" pour moi est clos puisqu’on est des musulmans " mais apparemment tt l’monde n’y donne plus grande importance hélas ! "comme vous le savez" ou bien dirai-je " comme vous deviez le savoir " avoir une relation en dehors du mariage c’est du " zina" comme on l’appelle en arabe classique ! et le "zina " est l’un des plus grand pêché qu’un muslim ou musulmane peut commettre ! alors comment peut-on meme discuter sur le fait que la fille à droit à ne pas " rester les jambes croisées en attendant l’arrivée du prince charmant" !! c’n’est ni question d’un prince ni celle de tradition mais plutot question religion !! le fait qu’un homme ne soit pas vierge la nuit d’noces ou vis-versa (pour la femme ) est un pêché que l’un et l’autre ont commit en vers eux-même et dieu seul les punira s’ils ne se repentissent pas ! " attawba " !! voilà ! cordialement

            ASUMA jigoku

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            • Virginité au Maroc . Est-ce encore un tabou ? 8 novembre 2007 11:28, par k

              Bonjour, Je suis Franco-marocaine et mon prénom ne vous dira pas forcément qui je suis ! J’ai quitté le Maroc depuis plus de 10 et je ne conçois pas que l’on puisse encore parler du sujet de Virginité des filles. Chacun est maître de son corps, homme ou femme. Si quelqu’un s’abstient de tous rapports sexuels avant le mariage c’est un choix personnel, mais il ne faut pas qu’il décide que c’est la norme ! Cette idée de fille vierge date de la nuit des temps, car on ne pouvait pas savoir qui était le père géniteur du bébé que pouvait porter une femme. Nous sommes en 2007 est il quand même plus facile, on cas de litige, de faire un test sanguin (ou ADN) pour clarifier cela.

              De grâce, évitez de mêler les religions à tout cela (c’est un autre sujet). Ce sont des traditions imposées par des sociétés de mâles et…malheureusement bien acceptées et perpétuées par les femmes (ce qui est un comble) !!! Plus le temps passe, plus je me rends compte que le problème de l’évolution des femmes des las pays orientaux c’est les femmes elles-mêmes ! Elles sont plus « machos » que les hommes et c’est à cause d’elles que les choses n’avancent pas. Allez savoir pourquoi ?

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              • Virginité au Maroc . Est-ce encore un tabou ? 26 novembre 2007 15:18, par loubna
                A quand les Lumieres au Maroc ? Je presume que nous sommes mieux loges que dans certains pays arabes, mais bon !! En ce qui me concerne, je pense que la virginite reste un sujet personnel. Ma virginite ne concerne que ma personne. Si mon conjoint ne "m’accepte" pas sous pretexte que j’aie "cede" mes pulsions sexuelles (qui cela dit en passant sont naturelles et bienvenues) alors qu’il aille voir ailleurs. Et si la societe marocaine (masculine j’enttends) souhaite des filles vierges ; alors par ricochet nous aurons des males frustres a moins qu’ils ne se tournent vers les chevres pour decharger leurs pulsions a eux. Vous serez tous d’accord avec moi, que vierge ne signifie pas simplement d’avoir l’hymen intacte. Parce que avec un hymen intacte et 100 pipes a mon palmares ; elle me fait un belle jambe ma "virginite". Quelle hypocrisie !

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                • Ce que vous oubliez c’est que la religion a tout a avoir, l’islam n’est pas un menu, tu prends ce que tu veux et tu laisses ce que tu veux.

                  Mais bon, chacun est responsable de ces actes devant Dieu, on verra bien comment ils et elles repondront le jour du questionnement, le jour ou les europeens/occidentaux vous aideront beaucouppppp devant Dieu.

                  Allah y hdina.

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                  • N’oublions pas que dans les religions il’y à comme même une réalité qui saute aux yeux, il ’y à des faits scientifiques qui ont été prouvé par les livres sacrés ; quoi que nous essayons de donner chacun son opinion pour se cacher sous pretexte qu’il faut etre ouvet laisser les religions pour les gens vieux, incapable,qui n’ont pas reussi leur vie.... Personnelement on tant que musulman pratiquante je dois me referer au courant donc question de verginité et close pour les deux sex.Mais je comprons parfaitement le regard daidaineux à celles qui sont conservatrice, de celles qui n’ont jamais vecu dans un milieu basé sur les principes fondamentaux de la vie apres la vie c’est toujours la mort pour toute créature pourquoi sommes nous créer si ce n’est que pour adorer Dieu ? Il’y comme même un ? La vie sert t’elle uniquement à profiter de ses loisir ? Pourquoi donc autant de differences socialles ? Dieu est t’il injuste ? Certain d’entre vous me dirant que je me suis éloignée du sujet important en question La vérginité.... Mais en trouvant les réponses à mes questions on repondra forcement à cette question et de la manière la plus correcte qui soit.Que Dieu nous aide à comprendre ! Fatima

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                    • Vierge pour qui ? pour quoi ? 27 décembre 2007 22:17

                      reste à savoir si on veut etre vierge pour Dieu ou pour la famille, le mari ! belle hypocrysie en effet que la fille qui a 100 pipes à son actif et l’hymen intact. En tant qu’homme de toute façon je préfère une fille non vierge et je ne suis pas le seul.

                      Je me fous qu’elle soit vierge ou non, mais je préfère quand même qu’elle ait eu quelques expériences avant.

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                      • Vierge pour qui ? pour quoi ? 1er janvier 2008 07:30, par Faty
                        Je nai pas grandis au maroc pourtant ce nest pas pour autant que la virginité nest pas importante a mes yeux..peu importe ou l’on a grandis ni notre entourage, si garder sa virginité est une valeur a mes yeux et bien croyez moi que ca le restera. donc les commentaires du genre.. une fille qui na jamais montré son corps a un homme ca nexiste pas ou encore les...pourquoi rester vierge si ton mari ne lest pas...sonnent faux.. car je le suis dans tout son sens et pourtant je fais cela pour ma religion que lhomme y obéit ou pas car cela lui est dicté tout autant.. tant pis... moi je ne céderai pas. Comme cela a été dit plus haut.. si toi tas pas su garder ta virginité bah cest pas la peine de parler aux noms des autres et dire que ca n’existe plus de nos jours. Donc voila je fais ca pr Dieu mais aussi par respect a mon propre corps et jen suis fiere. Cela en étonne plusieurs. Je ne juge personne dans ce que je dis et jai du respect si vous assumez vos choix.. car cest a Dieu de nous juger.

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    • c vrm débile je vois ... pourqoui avoir sa virginité jusqu au mariage ?? et si on été pa vierge ou est le probléme.et si le mari vous aime vrm devré vou accepT meme non vierge

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  • Virginité au Maroc . Est-ce encore un tabou ?

    4 janvier 2008 10:55, par Zizou
    WOW, alors maintenant on met les principes, les bases religieuse, la bonne education de cote et on parle d’une modernite que je comprends pas, depuis quand ne pas etre vierge est un signe de modernite ? perdre sa virginite et avoir une vie sexuelle normale avant le mariage s’appelle "Zina" et je vous guarantie, que celle ou meme ceux qui parlent de ce sujet d’une maniere ouverte et expriment la satisfaction de leur experiences sexuelles, ils n’oseront jamais l’admettre devant les parents. en plus c’est quoi cette mentalite qu’on a depuis quelques annees, une mentalite basee sur le sex et l’argent, bye bye principes et respect pour soi et sa religion.

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    • Virginité au Maroc . Est-ce encore un tabou ? 7 janvier 2008 20:16, par oula
      tu as vu mon frère, j’ai tombé sur cet article par coicidence et je n’ai pas cru ce que je suis entrain de lire(la virginté n’a pas d’importance et liberté et...) mon coeur a battu trés trés fort, je me suis dis peut etre car je n’ai pas des amies , je ne sais ce qu’il ya dans notre société et dans la vie(moi j’ai 30ans , cadre en chomage, célibataire)je me suis dis dans un instant peut etre que je suis nul car je suis encor vierge. !!! mais non ,ces gens là suivent les pays occidentaux et au destin personne ne va penser à eux(Lah ihdina o rhamna)ils ont oublié que les occidentaux pense à notre religion et essaye d’avoir les secréts des attitudes que le Prophète Mohamed et le Coran nous ont dis,par exemple ils ont trouver le secret(physiologique)pourquoi la femme si son mari a mouru ou bien a avoir un divorce pourquoi elle doit rester une certain temps pour remarier, et aussi beaucou beacoup des choses. et j’espére que le Bon Dieu nous protegons tou . virginité est indisponsable ,n’a pas de prix

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